Mon travail s’articule autour de thèmes comme les vanités, la figure animale ou humaine.
Par le biais de la peinture ou du dessin, les images produites travaillent la question du sens mais également celle de nos représentations.
C’est une forme d’interrogation autout de nos conflits, de nos questionnements, de nos errances face au monde et face à ce que l’on peut en raconter.

Je démarre souvent par une longue recherche sur google image pour trouver des visuels qui sont souvent en rapport avec une idée précise, un sujet que j’ai déjà en tête. Une fois trouvées, il faut un temps de maturation avant de passer à la réalisation de la toile. Il y a un processus d’élaboration lente où l’image se peuple d’autres images, se modifie dans mon esprit. Je recadre, enlève ou rajoute jusqu’au moment où j’ai le sentiment que cela fonctionne, que l’image a acquis de la force et qu’elle ne laissera pas indifférent.
A partir de cet instant, je la garde en mémoire. Si quelques mois après l’image a conservé de sa puissance, je passe à la peinture. Généralement, je peins rapidement dans la journée. Ce qui m’intéresse c’est d’arriver à trouver le point où l’image provoque et ne peut laisser indifférent, c’est ce que j’entends quand je parle de force. J’ai toujours dans un coin de ma tête cette citation de Rainer Maria Rilke :

Il est grand temps que la pensée redevienne ce qu’elle est en réalité : dangereuse pour le penseur et transformatrice du réel.
Là où je crée je suis vrai !
Disons qu’à la place du terme « pensée », j’y mets celui de « peinture ». L’image peinte doit être en quelque sorte ainsi construite afin d’atteindre son potentiel traumatique. Cela n’a rien à voir avec une forme de violence brutale et imbécile. Au contraire, c’est le moment de bascule où elle va pouvoir interpeller et questionner par les diverses catégories de l’émotion : le trauma, la Vanité, le grotesque, l’animalité